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En début d'année, l’Atelier Europe a rencontré Jacques Barrot, Vice-président de la Commission européenne, et Commissaire en charge des transports. Dans un entretien d’un peu plus d’une heure, l’ancien Ministre français a répondu aux questions relatives à son portefeuille, mais également à celles qui concernent l’Elargissement de l’Union ou les leçons à tirer pour l’Europe de la crise financière américaine.


Ciel ouvert, overbooking et TGV


 À propos des accords dits « Ciel ouvert » adoptés récemment et d’un élargissement de ces derniers vers la Chine, le Ministre a affirmé que l’Union confirmera sa politique d’ouverture, déjà bien engagée avec  le Canada,  et qui ne négligera pas l’Asie.
Toujours dans le secteur de l’aviation, Jacques Barrot est revenu sur le problème de l’overbooking, qui touche directement la vie quotidienne des citoyens européens. Après une mise en relation avec les autorités nationales, qui traitent les plaintes des infortunés passagers, la Commission est aujourd’hui parvenue à établir une série de règles d’interprétation qui permettront à ces autorités d’agir clairement. L’année 2008 doit être une année d’application de ces nouveaux droits pour les passagers. 

Politique européenne des transports

Dans le domaine du rail, la question du coût de revient du TGV, par rapport aux objectifs recherchés en matière d’écologie et d’amélioration des voies de circulation, a été longuement débattue. L’une des priorités de la Commission est le développement du Fret à grande vitesse.

Jacques Barrot regrette le « manque d’ambition des États en matière de transport européen. » 

Le projet Erika


L’écologie fait partie intégrante du portefeuille des transports. Les  catastrophes telles que les marées noires frappent lourdement le transport maritime. Sur ce point, il faut rappeler le "paquet" législatif Erika3. Sur les sept propositions de ce projet, deux sont encore en délibération. Le Commissaire aux transports espère ainsi que la Présidence française permettra de mener à terme ce projet. 

Plateformes multimodales et biocarburants

Le programme Marco Polo met en application le développement des plateformes multimodales. Il prévoit notamment le financement des équipements du transfert modal. Ce budget, doublé pour 2007/2008, permettra d’équiper les grands ports de ces plateformes.

Concernant les problèmes posés par les biocarburants, Monsieur Barrot reprend les objectifs du Conseil européen, tout en insistant sur le nécessaire effort de recherche pour les biocarburants de deuxième génération..

Mobilité urbaine et Galileo

La décision de la Commission d’intervenir sur le plan de la ville, dans le domaine de la mobilité urbaine, alors que cela n’entre pas dans son champ de compétences, est sujette à controverse. Or Jacques Barrot souligne que la demande émane des villes elles-mêmes. En outre, ce plan pourra à l’avenir comprendre une assistance des usagers par le système satellite européen Galileo.


Le futur président de l'UE


Monsieur Barrot s’est ensuite exprimé longuement sur les conséquences de la nomination d’un Président de l’Europe. 

Union pour la Méditerranée

« La France a eu le mérite » selon Jacques Barrot de reconnaître l’importance de la rive Sud de la Méditerranée. C’est pourquoi il soutient le projet français d’une coopération entre l’Union et les pays riverains de la Méditerranée qui ne sont pas membres de l’UE. Toutefois il tient à distinguer ce projet de la question de l’intégration de la Turquie.

Les Balkans

Sur la question de l’élargissement de l’Europe aux Balkans,  Jacques Barrot se positionne comme un fervent défenseur de l’entrée des pays balkaniques dans le cercle européen. Leur histoire les place au premier rang pour accéder à l’Union. Il préconise que la France se positionne clairement sur cette question.

Crise financière


Monsieur Barrot s’est ensuite exprimé sur les conséquences de la crise financière américaine sur l’économie européenne. Le sommet de Londres du 29 janvier dernier a marqué la volonté de faire face à la crise. Mais l’Europe devrait surtout tirer les leçons de ces événements. Et le remède se doit d’être surtout préventif. Monsieur Barrot propose notamment d'accroître la transparence et la régulation du capitalisme financier, ainsi que les pratiques prudentielles des banques.  

Sécurité énergétique

  Sans concessions, Monsieur Barrot se positionne clairement pour une sécurisation européenne dans le domaine de l’énergie.

L'avenir politique de l’UE
Pour finir, Monsieur Barrot s’est montré très positif quant à l’avenir politique de l’Union européenne. L’Europe doit s’exprimer de manière concrète, pour affirmer son poids diplomatique et répondre ainsi aux demandes des pays membres, qui verront alors l’Union comme un ensemble qui à la fois les protège et leur permet de peser dans la mondialisation.


L'Atelier Europe remercie vivement Monsieur le Vice-président pour sa disponibilité et sa chaleureuse contribution.


Jérôme CLOAREC
Responsable du Bureau de Bruxelles
Charline DURAND-WOLFF
Pôle Journal



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Cinquante ans ont passé depuis la première réunion de l'Assemblée Européenne, créée par le Traité fondant la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier. Le 19 mars 1958, 142 représentants parlant les quatre langues officielles de la Communauté se réunissaient dans le cadre de ce qui allait devenir en 1962 le Parlement Européen. Depuis 1979, les Députés européens sont élus au suffrage universel.

Avec les traités et les élargissements successifs, le Parlement s'est agrandi et ses compétences se sont étoffées: il compte aujourd'hui 785 députés s'exprimant dans 23 langues officielles et regroupés dans 7 groupes parlementaires. Ils représentent environ 500 milions de citoyens. Le Parlement Européen dispose d'importants pouvoirs législatifs et budgétaires; il est sur un quasi-pied d'égalité avec le Conseil des Ministres et exerce un contrôle politique sur la Commission. C'est ce que son Président, Hans-Gert Pöttering, a rappelé dans le discours prononcé mercredi 12 mars 2008, à l'occasion des célébrations tenues dans l'hémicycle de Strasbourg. Le Premier Ministre slovène Janez
Janša et le Président de la Commission, José Manuel Barroso ont également prononcé des allocutions, avant que l'Orchestre National de la Jeunesse ne joue l'Hymne à la Joie de Ludwig van Beethoven.


Séances plénières

La semaine qui a débuté le 10 mars n'a pas été uniquement une occasion de célébration. Jusqu'au 13 mars, les Députés se sont réunis à Strasbourg pour la principale séance plénière du mois. Le Président a ouvert la session avec un homage à Gilles Polin, le soldat français de l'EUFOR tué à la frontière entre le Tchad et le Soudan.

Dans sa déclaration sur la violence au Proche-Orient, Hans-Gert Pöttering a insisté sur le fait que «L'UE doit investir davantage sur le plan politique pour donner un véritable sens à son aide financière». Dans la soirée de lundi, les Députés ont débatu du rapport de Paolo Costa (ALDE) sur les règles commnunes en matière de sécurité aérienne, ainsi que du rapport de Gabriele Albertini (PPE-DE). Avec pour objectif de définir les outils pour développer des transports durables, ce rapport propose l'intensification de la recherche sur les biocarburants et les gaz à effet de serre. Il préconise également une taxation ciblée et la modification des comportements de consommation

Pour contribuer à couvrir les coûts des mesures d'urgence que la Grande-Bretagne a dû prendre après les inondations de l'été 2007, les Députés ont décidé de mobiliser le Fonds Européen de Solidarité, qui vient en aide aux États-membres en cas de catastrophe naturelle.

Mardi 11 mars, Toomas Hendrik Ilves, Président de l'Estonie, s'est exprimé devant le Parlement. Il a souligné que l'Europe devra se doter d’une politique énergétique commune et s'impliquer plus activement dans sa politique de voisinage.
Le rapport de Lutz Goepel (PPE-DE), un «bilan de santé» de la PAC réformée, a été soumis au débat. Il récommande d'approuver les propositions de la Commission européenne. Le transfert des fonds du marché direct aux mesures de développement rural et la limitation des aides directes aux agriculteurs ont été les mesures les plus critiquées par les Députés. Selon la proposition de la Commission, les quotas laitiers seront augmentés de 2% par les États-membres à partir du 1er avril 2008. Cette mesure a été très critiquée par Elisabeth Jeggle (PPE-DE), auteur d'un rapport consultatif sur le sujet.
Le même jour, les Députés européens ont voté la création d’un Institut Européen d'Innovation et de Technologie, l'adoption des règles communes en matière de sécurité aérienne et ils ont approuvé une aide de 162 millions d’Euros allouée au Royaume-Uni.

Avant de célébrer le cinquantième anniversaire de leur institution, les Députés ont discuté les sujets qui allaient être abordés lors du Sommet européen de printemps: l’emploi et la croissance, l’énergie, le changement climatique et les turbulences sur les marchés financiers. Ils ont également entendu le rapport de la portugaise Ana Gomes (PSE), qui défend une nouvelle stratégie européenne en Irak: «L’Europe doit s’assurer que l’Irak soit un pays fédéral démocratique, dans lequel l’Etat de droit prévaut et qui respecte les droits de l’homme et de la femme», a-t-elle expliqué dans l’hémicycle.

Finalement, la politique européenne de développement, ainsi que l'aide au développement fournie par les nouveaux États-membres ont occupé les débats des europarlementaires jeudi 13 mars. Le rapporteur Danutė Budreikaitė (ALDE) a expliqué que nombre d'entre eux n’atteindront probablement pas les objectifs qu'ils se sont fixés en matière d'aide au dévéloppement (0.17% de leur PIB d’ici 2010), à cause de leurs «ressources financières et humaines limitées». C'est la raison pour laquelle ils devraient pouvoir orienter leur aide vers leurs voisins de l’Est de l’Europe, étant donné que la politique de développement et la politique européenne de voisinage sont «complémentaires».

Lors d'une séance plénière extraordinaire tenue le 26 mars à Bruxelles, le Parlement Européen a débatu des résultats du sommet de printemps de l'UE avec le Président de la Commission et le Président du Conseil, Janez Janša; la séance a été suivie d'une conférence de presse du Président du PE, Hans-Gert Pöttering et de Monsieur Janša.



Alexandra GEROTA
Pôle Journal



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La Commission européenne a révélé fin janvier sa proposition de plan de lutte contre changement climatique pour les dix prochaines années.

Ce plan est issu des engagements pris par les chefs d’État en mars 2007 pour réduire de 20% les émissions de GES d’ici à 2020. Cette feuille de route s’articule autour de cinq mesures clés : la réforme du marché du CO2, le partage des réductions de gaz à effet de serre (GES) par pays, le développement du stockage du carbone, la montée en puissance des énergies nouvelles renouvelables (ENR) dans le mix énergétique et l’encadrement des aides d’Etat à l’environnement.

Ce paquet de mesures, très ambitieux, est déjà pointé du doigt pour son coût, estimé à 60milliards €, et jugé exorbitant par les milieux industriels. Cette annonce est le coup d’envoi de négociations marathon pour son adoption d’ici 2010.


UN PLAN AMBITIEUX



José Manuel Barroso:
« un catalogue de mesures pour le climat
et l'énergie qui est extraordinairement
bon et ambitieux
»

Le paquet « Climat - Energie » de la Commission couvre la période 2010-2020, il est destiné à réduire la dépendance énergétique de l’UE tout en mettant en pratique sa volonté de lutter contre le changement climatique. Ce plan poursuit le triple objectif fixé en 2007 :

_ Réduire de 20% les émissions de GES par rapport à leur niveau de 1990

_ Accroître de 20% l’efficacité énergétique

_ Atteindre 20% d’ENR à l’échelle de l’UE et un objectif subsidiaire de 10% de biocarburants pour tous les pays.

 

Un véritable marché européen du carbonne

La réforme du marché du carbone est la mesure phare du nouveau dispositif. Les systèmes nationaux d’échange de quotas CO2 en vigueur depuis 2005 se sont avérés insuffisants pour envoyer au marché un signal prix dissuasif et limiter les émissions. Il est suggéré de l’étendre à de nouveaux secteurs, fortement émetteurs : l’industrie de l’aluminium, la chimie et le transport aérien. Le système gagnera en cohérence et « s’européanisera » : les allocations seront désormais sectorielles et attribuées à l’échelle communautaire. De plus, les émissions seront plafonnées, avec un objectif de ne pas dépasser les 1720 millions de tonnes de CO2 en 2020, soit une baisse de 21% par rapport à 2005. Mais l’évolution la plus marquante et qui rencontre les plus vives contestations est la fin envisagée de la gratuité des quotas. Pour soutenir le prix du carbone, une part croissante de ceux-ci sera mis aux enchères. Les revenus, estimés de 30 à 50 milliards d’euros, reviendront aux Etats et seront alloués aux politiques environnementales.

Des efforts importants mais différenciés

Concernant, les secteurs qui échappent aux systèmes d’échange (transport, logement, agriculture), les États se verront fixer des objectifs contraignants de réduction en fonction de leur niveau de développement (l’indicateur retenu est le PIB/habitant) afin de ne pas compromettre le rattrapage économique des pays les moins avancés, de plus fortement dépendant des énergies fossiles.

En guise d’exemple la France devra diminuer ses émissions de 21% pendant que la Bulgarie pourra les augmenter de 20%.

Un volet énergie très « vert »

Le pilier Énergie vise à accroître la part des ENR dans la moyenne européenne de 8,5 % aujourd’hui à 20 % en 2020 pour concilier respect de l’environnement et indépendance énergétique. Les efforts sont conséquentes : 23% pour la France (x2), 18 % pour l’Allemagne (x3) et 15% pour le Royaume-Uni (x10 !!). Afin de garantir la réussite de ces objectifs, la commission autorise une certaine souplesse en autorisant l’échange volontaire de certificats entre pays : la France pourra, par exemple, financer une installation de biomasse en Pologne.

Malgré la polémique sur leur pertinence environnementale et sociale, les biocarburants restent à l’ordre du jour. Tous les pays devront atteindre 10% de biocarburants en 2020. L’UE promet cependant d’assortir cette mesure de critères pour assurer leur « viabilité environnementale » sans pour autant donner plus de précisions.


DES MESURES EN DÉBAT

Un coût discutable

Les réactions à cette annonce ont, comme de coutume été très contrastées. Si le GIEC juge la proposition de la commission décevante et craint la pression des lobby pour en atténuer la portée ; des voix s’élèvent chez les industriels pour critiquer le coût, estimé par la commission à 60 milliards d’euros d’ici à 2020. La confédération des entreprises finlandaises EK va jusqu’à dénoncer une « politique climatique inefficace au coût exorbitant ».

Les groupes énergétiques prévoient des répercussions pour les particuliers et tablent sur une augmentation du prix de l’électricité de 15% à 20%. Certains États, comme la France, qui espérait un objectif d’ENR de 20%, contestent les chiffres assignés en estimant à 1 milliard d’euros le coût du pourcent supplémentaire. Ces surcoûts immédiats, qui ne représentent que 0,5% du PIB, soit « 3€ par semaine et par citoyen de l’union » pour reprendre les propos de M. BARROSO, sont à mettre en rapport avec le coût, très nettement supérieur, de l’inaction que Nicolas STERN situe entre 5 et 20% du PIB.


Une Commission réaliste

La commission entend faire prévaloir le long sur le court terme tout en rassurant les industriels qui agitent le spectre de la délocalisation face à la concurrence de pays peu regardants sur leurs impacts environnementaux. Une réalité qui amènera la Commission à étudier à horizon 2011 diverses corrections pour garantir la compétitivité des entreprises européennes. Le maintient partiel de la gratuité des quotas CO2 est évoqué, tout comme l’instauration d’une « neutralisation à la frontière », ardemment défendue par le Président SARKOZY, sous forme de taxe ou d’obligation d’achat de quotas par les importateurs. Il s’agit, en somme, d’une des formes possibles de la « taxe carbone » avancée dans le Grenelle de l’environnement.


UN ACCORD RAPIDE POUR UNE CRÉDIBILITÉ RENFORCÉE

Le texte sera soumis à négociation aux vingt-sept et au Parlementent européen pour être adopté dans sa forme définitive au plus tard en mars 2010. Il bénéficie déjà du soutien affiché de plusieurs capitales dont Berlin, via les déclaration de son Ministre de l’environnement : « un catalogue de mesures pour le climat et l’énergie qui est extraordinairement bon et ambitieux [...] maintenant le coup d’envoi a été donné pour que nous allions au bout du marathon que représente la protection du climat ». M. BARROSO a bon espoir d’arriver à un compromis d’ici fin 2008. Le plus tôt sera le mieux, l’UE se devant de montrer par les actes qu’elle est à même de relever le défit du changement climatique et d’envoyer un signal fort dans un contexte international indécis. La France qui prendra la présidence de l’UE dans maintenant six mois aura pour tache de ménager les intérêts divergents des industriels et des capitales. Un accord rapide et unanime renforcera la crédibilité d’une Europe, souvent « donneuse de leçon » dans les sommets internationaux à appliquer à elle même ce qu’elle demandera à ses partenaires dans les prochaines négociations « post-Kyoto » de Poznan en 2008 et Copenhague en 2009.

éoliennes

UNE CHANCE POUR LA COMPÉTITIVITÉ EUROPENNE

Ce plan n’est pas uniquement un combat pour l’environnement mais étalement une chance à saisir pour la recherche et l’industrie européenne d’acquérir un leadership technologique en anticipant les évolutions irrémédiables dictées par les bouleversements climatiques. Il s’agit, non seulement d’une politique environnementale et énergétique, mais également d’une ébauche de politique industrielle à même de fixer les règles qui garantiront dans la décennie à venir un haut niveau de compétitivité à nos entreprises.



Xavier ARNAUD
Pôle Études
Co-responsable Groupe Développement Durable
& Co-développement


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Une nouvelle réforme de la PAC est en cours. Comment concilier l'exigence économique et budgétaire, les revendications des agriculteurs, le développement durable et les attentes des consommateurs en matière de qualité et de normes phytosanitaires ?

Madame le Député européen Véronique Mathieu, membre de la Commission de l'agriculture et du développement rural du Parlement européen répond à notre question.




1. Une agriculture mondiale en pleine mutation

Le bilan de santé de la PAC intervient dans une période de profonde mutation de l'agriculture mondiale, marquée notamment par la flambée du cours des matières premières agricoles.
D'une part, les besoins des pays émergeants (Chine, Inde, Brésil...) en denrées alimentaires augmentent très rapidement.
D'autre part, le développement rapide des biocarburants est en train de redessiner les cultures agricoles de l'UE, comme en atteste la reconversion de nombreux exploitants européens, qui sont de plus en plus nombreux à faire le choix des cultures céréalières (blé, maïs...) au détriment des cultures traditionnelles propres à chaque région.


2. Cinq défis pour l'avenir


Face à cette conjoncture dynamique mais non moins inquiétante, l'Union européenne devra affronter cinq défis majeurs en matière de politique agricole :
  • assurer son indépendance alimentaire et, de façon plus large, contribuer aux équilibres alimentaires mondiaux ;
  • participer activement à la lutte contre le changement climatique et à la protection de l'environnement.
  • satisfaire les attentes des consommateurs en termes de qualité et de respect des normes phytosanitaires ;
  • garantir un revenu décent aux exploitants agricoles ;
  • permettre un développement équilibré de ses territoires ruraux.


3. Plus qu'un bilan de santé, une vraie réforme

C'est donc clairement sous l'angle de la durabilité que la PAC doit se positionner pour envisager sereinement son avenir, conformément aux objectifs à long terme de la stratégie de l'UE pour le développement durable définie en 2001.

Les propositions contenues dans le "bilan de santé" proposé en novembre 2007 par la commissaire européenne à l'agriculture, Mariann Fischer Boel, nous laissent à penser que, bien plus qu'une simple évaluation à mi-parcours, il s'agit en fait d'une véritable réforme de la PAC :
  • découplage total des aides : les aides allouées aux agriculteurs ne seront plus proportionnelles aux quantités produites;
  • poursuite de la modulation : transferts de certaines compétences du premier pilier (agriculture) vers le second (développement rural);
  • dégressivité des aides directes et relèvement des seuils minimaux pour les paiements;
  • accélération de l'intégration des paiements directs dans un forfait à la surface;
  • recul progressif du système de quotas laitiers dès 2009 puis abandon complet après 2013.
Autant de mesures de libéralisation qui peuvent être très bénéfiques pour l'avenir des agriculteurs et des consommateurs européens, mais qui nécessitent d'être précisées et accompagnées dans leur mise en œuvre.


4. Le Parlement européen : force de proposition

A cette fin, il est important de souligner le rôle capital que peuvent jouer les autres institutions et notamment le Parlement européen.
Au cours du processus d'élaboration de la proposition législative, les députés européens auront l'occasion de soumettre leurs propositions.
Certains principes importants doivent rester intégrés à la proposition législative et notamment :
  • le respect de la conditionnalité, qui consiste à établir un lien entre le versement des aides et le respect d'exigences en matière d'environnement et de santé publique ;
  • la définition de mesures de soutien à la modulation, afin d'assurer une redistribution progressive et modérée garantissant le revenu des agriculteurs ;
  • la mise en place d'un "filet de sécurité" destiné à limiter les risques environnementaux, climatiques et épidémiques ainsi que la volatilité des prix sur les marchés agricoles.
 

5. La présidence française : un vrai filet de sécurité pour l'Agriculture et les agriculteurs

Il faut enfin rappeler que c'est en novembre prochain, sous présidence française, que cette proposition sera validée. Il s'agit d'un dossier hautement sensible pour la France et le Président de la République l'a bien compris.
Profondément attaché à l'agriculture et aux agriculteurs, aux valeurs environnementales et à la préférence communautaire, Nicolas Sarkozy n'a pas souhaité attendre 2013 pour améliorer la politique agricole commune et y apporter sa touche personnelle. Il a montré sa détermination à piloter lui-même ce bilan de santé afin d'y apporter une touche environnementale, rurale et territoriale, comme il nous l'avait promis durant sa campagne électorale.

Parce que c'est la présidence française et Nicolas Sarkozy qui piloteront ce bilan de santé, nous l'aborderons avec beaucoup de confiance.




L'Atelier Europe remercie chaleureusement Madame le Député européen d'avoir participé aux Lundis de l'Europe et vous invite à la retrouver sur son site.




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