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 Bollaert Nous remercions très sincèrement Monsieur Baudouin Bollaert qui a accepté de répondre à nos questions le 5 février dernier. Baudouin Bollaert est ancien rédacteur en chef au Figaro pour lequel il a été longtemps correspondant à Bonn, Londres, Rome, Washington et Bruxelles. Spécialiste des questions européennes, il est aujourd’hui chargé d’enseignement à l’IEP Paris, ainsi qu’à l’Institut Supérieur de l’Armement et de la Défense (ISAD) Paris II, spécialisé dans les relations internationales. Baudouin Bollaert a également écrit en collaboration avec Jacques Barrot, Vice-président de la Commission européenne en charge des transports, L’Europe n’est pas ce que vous croyez (Ed. Albin Michel, Février 2007).


 
 Que répondez-vous à ceux qui estiment que la politique de solidarité et de cohésion de l’Union européenne fausse quelque peu le jeu de la concurrence en Europe ? Car quand Bruxelles aident les pays les moins riches d’Europe, elle prône dans le même temps une concurrence des marchés libre et non faussée.
Selon Baudouin Bollaert, la politique de solidarité de l’Union à travers les fonds structurels, le fonds social européen et les autres subventions aux pays et régions les plus défavorisés aujourd’hui, constitue l’un des fondements les plus importants de la communauté sans lequel il ne serait plus nécessaire de poursuivre la construction européenne. D’un autre côté, il juge la politique de concurrence absolument essentiel ne serait-ce que pour atténuer les effets du capitalisme.



Quelle est votre lecture de la politique monétaire européenne ?

Baudouin Bollaert juge la politique menée actuellement par la Banque Centrale Européenne relativement équilibrée et rappelle que la crise des « surprimes » est partie des Etats-Unis et non de l’Europe. Avec tout de même un petit bémol à cette bonne appréciation, l’absence d’une meilleure coordination des politiques économiques non seulement au sein de l’Eurogroupe mais aussi entre tous les Etats membres, freinée selon lui par les égoïsmes nationaux. 
 


 
Quelles sont selon vous les grandes priorités de la présidence française de l’UE ?
La PAC et sa réforme. Ce sera pour Baudouin Bollaert la première préoccupation de la France qui devra déjà préparer en amont les discussions des perspectives financières en 2010 qui conféreront une large place à cette politique cruciale pour l’Europe. Viennent ensuite l’environnement, l’union méditerranéenne et la défense que notre spécialiste explique dans les détails. 



La suite, demain.
Propos recueillis par Paul DOUCET,
Nafi BAKTI et Delphine GANEAU-MENTRÉ




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Verbatim :
  • « La deuxième leçon positive de ce Conseil européen, c'est le retour de l'Europe politique. (…) C'est une chance pour l'Europe et pour la France, qui présidera l'Union au deuxième semestre de 2008. À chacun de faire fructifier l'esprit communautaire, qui reste une grande espérance pour tous les citoyens européens. » déclare Jacques Barrot, Vice-président de la Commission européenne dans un article du Figaro (30 juin 2007)
  • « Nous avons un devoir vis-à-vis de l'Europe parce que l'Europe, c'est une part de nous-mêmes sans laquelle nous ne serions pas ce que nous sommes, parce que la conscience européenne, c'est notre conscience, parce que la culture européenne, c'est notre culture, parce que le destin de l'Europe, c'est notre destin, parce que l'identité de l'homme européen, c'est notre identité. Etre Européen et être Français, c'est respecter son histoire, son identité et ses valeurs. » Nicolas Sarkozy, président de la République, dans son discours sur l’Europe à Strasbourg le 2 juillet dernier.

Evénement du mois: « Une Union plus forte pour un Monde meilleur » : Le Portugal prend la présidence de l’Union Européenne et espère consolider les actions menées par la présidence allemande sur le traité simplifié : Le programme portugais portera sur quatre axes :
-    le futur de l'Union
-    la stratégie de Lisbonne
-    le renforcement de l'Espace de liberté, de sécurité et de justice
-    l'Europe et le Monde
Actualités européennes :
  • Libéralisation du marché européen de l’électricité : le 1er juillet, le marché européen de l’énergie s’est ouvert à 100% à la concurrence. D’autres pays avait déjà pris les devants comme l’Allemagne, mais cette libéralisation engendre certaines craintes de la part des consommateurs.
  • Réforme du secteur viticole européenObjectif : accroître la compétitivité des producteurs européens qui sont de plus en plus concurrencés par les vins du "nouveau monde"
  • Ouverture de la conférence Intergouvernementale (CIG) le 23 juillet à Lisbonne pour rédiger le Traité réformateur de l’Union.

Revue de presse :
- Nicolas Sarkozy témoigne du renouveau de l’esprit européen à Strasbourg. Le traité simplifié a « sauvé » l’Europe « qui était en péril », il a permis de faire la « synthèse entre l’Europe du « oui » et l’Europe du « non ».
- Sept compagnies européennes de transport ferroviaire s’unissent et créent une Alliance européenne ferroviaire pour mieux rivaliser avec le transport aérien : découvrez les avantages de Railteam.
- Vers un partenariat renforcé entre l’UE et le Brésil. Le nouveau partenariat stratégique envisagé par l’UE et le Brésil renforcera la coopération économique et le dialogue politique.
- L’Eurogroupe discute des déficits publics : Sarkozy défend la stratégie budgétaire de la France avec Christine Lagarde. « La France est de retour dans l’Europe »
- « Pour une Union Méditerranéenne », Éditorial du Figaro le 10 juillet, lors de la visite de Nicolas Sarkozy en Algérie et en Tunisie.
- Le 14 juillet 2007 : l’Union européenne à l’honneur pour le défilé à Paris : 900 militaires, 27 détachements des pays de l’UE.
- Accord et libération par la Libye du médecin et des infirmières bulgares.


Pause café :

-    Découvrez le Dossier vacances de Toute l’Europe : carte d’identité ou Passeport, Assurance maladie, santé …. Un été en Europe ça se prépare !
-    Une « E-toile » est née : participez au débat européen sur Internet grâce au nouveau blog de « Toute l’Europe »


Agenda :
Les grands rendez-vous de la Présidence portugaise :
o    28 juin 2007 : Présentation officielle du programme de la Présidence ;
o    4 juillet 2007 : Sommet UE/Brésil
o    23 juillet 2007 : Réunion de la CIG pour rédiger un projet de traité simplifié ;
o    15 septembre 2007 : Réunion Ministérielle Euroméditerranéenne des ministres ECOFIN
o    18 octobre 2007 : Réunion des chefs d'Etat et de gouvernement ;
o    26 octobre 2007 : Sommet UE/Russie ;
o    28 novembre 2007 : Sommet UE/Chine ;
o    10-11 décembre 2007 : Conseil affaires générales et relations extérieures (CAGRE) ;
o    13 décembre 2007 : Conseil européen à Bruxelles.


 Monsieur le Député européen Jean-Paul Gauzès, Membre de la Commission des affaires économiques et monétaires répond à notre question de la semaine "Faut-il renforcer l'Eurogroup?" :


"La France est de retour dans l'Europe".


En affirmant ainsi son attachement à la construction européenne, Nicolas Sarkozy ouvre les perspectives d'une véritable relance d'une Europe actuellement en crise.

Parmi les chantiers figure l'amélioration du fonctionnement de la zone euro.

A l'égard de l'Euro, les appréciations sont contrastées. La Commission se montre confiante sur la situation économique de la zone euro et minimise l'impact de la force de l'Euro face au dollar et au yen.

Dans le même temps, beaucoup de nos concitoyens imputent à l'introduction de l'euro une hausse du coût de la vie et une baisse du pouvoir d'achat.

Par ailleurs, la forte appréciation de l'Euro, si elle est neutre dans les relations économiques au sein de la zone euro (qui représentent pour la France, la moitié de nos échanges), et favorable pour les importations dont les paiements sont effectués en dollar (notamment : pétrole et gaz), elle apparaît pénalisante pour les industries dont les coûts sont essentiellement en euros et les recettes en dollars.

L'impact varie considérablement d'un secteur à l'autre. Le luxe, l'aéronautique, la chimie et les semi-conducteurs ou l'automobile sont particulièrement affectés par la dégradation de leur compétitivité. Il reste qu'on ne peut expliquer par le seul euro fort les faiblesses de l'économie française. Dans le même contexte, l'Allemagne réalise de très bonnes performances.

Ce qui est en cause ce n'est pas tant l'indépendance de la Banque Centrale Européenne que la régulation macro économique de la zone euro.

Il est nécessaire d'accroître le rôle du politique dans le pilotage économique de la zone euro.

Le rôle de l'Euro Groupe doit donc être renforcé.

Il s'est doté d'un Président stable et de grande qualité, Jean-Claude JUNKER.

Il doit poursuivre sa recherche de cohérence et de coordination des politiques économiques nationales.

Il faut que le conseil de l'euro soit un vrai gouvernant de l'économie européenne coordonnant davantage les politiques fiscales et budgétaires de la zone euro. Ce groupe plus structuré et plus régulièrement réuni devra dialoguer de façon plus équilibré avec la banque centrale.

Le moment est aussi venu dans toutes les négociations et instances internationales de la représentation unique des membres de la zone euro.

Le Traité précise que les orientations fondamentales de la politique des changes dépendent du Conseil statuant à la majorité qualifiée.

L'Europe doit se doter d'une véritable stratégie de change intégrant les objectifs de croissance, de protection de l'industrie et de l'emploi. La zone euro doit faire entendre sa voix face à la donne monétaire, notamment en Asie.

Aux USA, les rôles sont clairement définis, les questions de change sont du ressort du gouvernement. En Europe, le flou est entretenu: la politique de change est-elle du ressort du pouvoir politique, l'Euro Groupe, ou du pouvoir monétaire ?

Dans ces conditions on ne peut que saluer la volonté de Nicolas Sarkozy "d'agir au sein de l'Euro Groupe pour nous doter d'une gouvernement économique, de sortir du flou juridique s'agissant de la politique de change et d'organiser une vraie concertation entre l'Euro Groupe et la BCE".



Nous remercions chaleureusement Monsieur le Député européen pour sa participation aux Lundis de l'Europe et nous vous invitons à le retrouver sur son site.