|
|
|
|

« L’environnement doit être la nouvelle frontière de l’Union européenne, le nouveau motif pour s’associer et aller plus loin »
| À l'occasion du lancement de la consultation publique du Grenelle de l'environnement, via une série de réunions en régions et sur Internet, Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d'État chargée de l'Écologie, a reçu les bloggeurs influents de la toile au cours d’une soirée-débat au Ministère de l’Écologie. La rencontre a été animée par Thierry Solère. | Nathalie Kosciusko-Morizet et Thierry Solère
|
L'Atelier Europe a ainsi pu dialoguer en direct avec Nathalie Kosciusko-Morizet, dans une atmosphère conviviale et sans tabou. Les questions n’ont pas toujours été faciles, et parfois même elles ont été très critiques, notamment sur la transposition du Grenelle au niveau international. Mais Madame Kosciusko-Morizet a montré sa parfaite maîtrise des dossiers et sa détermination à faire du Grenelle de l’environnement une réussite. Fidèle à la culture du résultats mise en avant pendant la campagne par Nicolas Sarkozy, Nathalie Kosciusko-Morizet a également prévenu que des indicateurs seront mis en place, afin de suivre l’application des mesures qui auront été décidées à l’issue du Grenelle.
| L'Atelier Europe: Thomas Mimra, Camille Servan-Schreiber, Paul Doucet et Xavier Arnaud |
Le débat s’est ouvert sur la démarche du Grenelle, et sur la communication sur Internet autour de cet évènement :
3 points forts :
- Une démarche participative : la consultation institutionnelle, notamment au niveau des collectivités locales et des associations environnementales. Nathalie Kosciusko-Morizet en outre a rappelé combien elle avait insisté auprès des groupes de travail pour qu’il n’y ait pas de consensus mous. Certaines propositions ont donc la mention « Non consensuelle ».
- Un processus de décision collectif : les forums en régions sont destinés à faire ressortir la voix des Français. Nathalie Kosciusko-Morizet est persuadée que les Français sont prêts à adopter rapidement un « comportement écologique ». Cette consultation en régions est un exercice ouvert, rien n’a encore été décidé. Les Français doivent s’approprier ce débat, et profiter de cette opportunité qui leur est donnée. C’est l’une des clés du succès du Grenelle : les décisions dépendront de ce qu’auront exprimé les Français.
- Une communication sur la toile efficace : le site spécial du Grenelle de l’Environnement a reçu, une semaine après son lancement, 35 000 visites. Nathalie Kosciusko-Morizet s’est réjouie de ce succès, ainsi que de celui de la chaîne réalisée sur Youtube.
Les principales idées qui sont ressorties de cet échange à la fois riche et franc, sont les suivantes :
Le Grenelle provoque-il un intérêt trop partiel du public ?
Nathalie Kosciusko-Morizet a une vision assez optimiste du niveau d’engouement des Français pour cet évènement. Elle a insisté sur le fait que le Grenelle créé un intérêt bien supérieur par rapport aux débats traditionnels. Néanmoins, elle regrette une visibilité encore trop faible dans les médias grand public, notamment à la télévision.
Le Grenelle, des mesures incitatives ou coercitives ?
Nathalie Kosciusko-Morizet a réaffirmé son point du vue sur la fiscalité environnementale : celle-ci ne doit en aucun cas devenir une fiscalité de financement, qui se traduirait par de nouveaux impôts.
L’un des objectifs majeurs de ce Grenelle est de créer un changement des comportements. Par exemple, une idée soumise par un grand distributeur est le prix écologique : à côté du prix d’achat, les produits de supermarché se verront collés une étiquette écologique, qui informera le consommateur du coût pour la planète de son achat.
Les agriculteurs : opposants au Grenelle de l’environnement ?
Les idées portées par le monde agricole ne sont pas nécessairement aussi univoques qu’on peut le penser. Les nuances au sein même de certains syndicats existent. Selon Nathalie Kosciusko-Morizet, « le milieu agricole est prêt à évoluer, il faut convaincre la tête des syndicats que la base est déjà prête ».
Entreprises : comment concilier croissance économique et développement durable ?
L’objectif est d’évoluer vers une refonte de notre rapport Production/Consommation, afin que celui-ci soit plus respectueux de l’environnement. Or l’écologie est souvent perçue de manière négative, « cela va coûter cher » entend t-on partout. Pourtant, derrière l’environnement, c’est une nouvelle économie qui est en train de se créer, créatrice d’emplois non délocalisables. Il est important de préparer les technologies de demain que nous pourront exporter. Dans quelques années, nous serons tous confrontés aux mêmes problèmes environnementaux. Les pays qui s’en sortiront le mieux seront ceux qui s’y seront le mieux préparés et qui auront notamment déposé des brevets et développé des technologies qui permettent de faire face à ces problèmes.
Le Grenelle de l’environnement : une initiative trop franco-française ?
« Le Grenelle c’est une fenêtre ouverte sur le monde et sur tous les sujets »
Bien entendu les problèmes environnementaux ne connaissent pas de frontières. Mais l’idée initiale du Grenelle, qui n’a pas d’ambition internationale, est qu’on choisit de se prendre en main. « Le Grenelle, c’est un peu un prototype, un laboratoire qu’on ne pourra pas exporter partout ». En revanche, une réussite du Grenelle permettra de faire passer plus fortement et de manière plus légitime, le message de la France au niveau international, notamment au moment de la Présidence française de l’Union européenne.
Camille Servan-Schreiber Vice-Présidente, Responsable du Pôle Études
et Paul DOUCET
Pôle Etudes Co-responsables du Groupe Environnement Développement Durable
« Notre plus grande espérance, c’est que la France joue le jeu de l’économie » (Laurence Parisot)
Cette année, le thème de l’Université d’été du MEDEF est « jouer le jeu ». Bien entendu, c’est un clin d’œil à la coupe du monde de rugby qui va s’ouvrir prochainement. Mais surtout, selon la Présidente de l’organisation patronale, « jouer le jeu, c’est prendre connaissance des nouvelles règles, des nouveaux rapports humains, des nouveaux principes, qui organisent désormais notre monde ».
| Le discours du président de la République était très attendu. Laurence Parisot a souligné combien « ce geste à l’égard des entreprises et des entrepreneurs, cela faisait longtemps, très longtemps, qu’on l’attendait ». La présidente du MEDEF a aussi affirmé que son organisation patronale entendait "jouer le jeu avec tout le monde", tant "avec le gouvernement qui essaie de mettre la France en mouvement, au diapason et au rythme du monde entier, qu'avec les organisations syndicales". | Fair play or not fair play : telle est la question Alpha Omar Konaré, Président de la Commission de l’Union Africaine Laurence Parisot, Présidente du MEDEF Shashi Tharoor, diplomate et écrivain indien, ancien Secrétaire général adjoint de l’ONU, chairman of Afras Venture
|
L’Europe n’était pas en reste de cette édition 2007 tournée vers l’international. Le Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, puis Nicolas Sarkozy, sont venus parler d’Europe, chacun à leur manière, mais tous les deux avec beaucoup d’élan.
Discours de M. Barroso
José Manuel Barroso, Président de la Commission européenne | M. Barroso, dans un discours passionné et résolument optimiste, a « joué le jeu » et repris la sémantique sportive pour nous exposer sa position vis-à-vis des principaux dossiers européens.
Pour une Europe de l’innovation
« Il nous faut investir sur l’excellence »
Pour gagner la partie, l’équipe Europe doit se concentrer sur trois objectifs principaux :
- Développer les performances : construire une Europe moderne, prospère et juste, au service des Européens.
- Renforcer l’esprit d’équipe : bannir le nationalisme économique et les négociations bilatérales. L’Europe doit parler d’une seule voie pour mieux se faire entendre.
- Jouer le jeu : l’Union européenne, c’est bien plus qu’un marché, c’est un projet politique avec des règles.
|
Сes exigences sont d’autant plus importantes que d’autres joueurs, tels le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine (les fameux BRIC) deviennent de plus en plus efficaces. Rappelons à titre d’exemple que l’Inde produit 1 million d’ingénieurs par an.
M. Barroso a rappelé combien l’ouverture est profitable pour une Union européenne (UE) qui est le premier exportateur et le second importateur mondial. Pour renforcer sa compétitivité et éviter la fuite des cerveaux européens, vers les Etats-Unis notamment, l’UE se doit de mettre l’accent sur l’innovation. A cet effet, l’Institut européen de technologie a récemment été crée, afin de donner un statut européen aux efforts d’innovation. L’innovation est l’un des piliers de la Stratégie de Lisbonne. Depuis sa mise en œuvre, et en dépit des critiques dont elle fait l’objet, des progrès ont été réalisés, et l’Europe rattrape peu à peu son retard : en 2006, sur les 50 entreprises qui dépensent le plus au monde pour l’innovation et la recherche, 18 sont européennes.
La modernisation de l’Europe passe aussi par le marché unique : en faisant tomber davantage les barrières, on crée des emplois. La question du budget est également cruciale. Le 19 septembre, la Commission européenne va lancer « un examen approfondi, et sans tabou », du budget européen. Empruntant une fois encore au vocabulaire sportif, M. Barroso a souligné que l’objectif était de faire la chasse aux gaspillages et au dopage, c'est-à-dire, en économie, au déficit budgétaire.
Sur les institutions, le Président de la Commission a salué l’engagement européen et le travail du Président Sarkozy pour faire accepter à ses partenaires européens le traité simplifié. Il a cependant rappelé que l’objectif ultime n’est pas de changer les institutions, mais l’UE dans son ensemble, afin d’accroître la compétitivité européenne.
Une ouverture sans anarchie
« Nous sommes pour l’ouverture mais nous défendrons toujours les intérêts européens dans le cadre de la mondialisation »
L’ouverture ne doit pas être synonyme de dérégulation anarchique. Au contraire, la concurrence doit être régulée, afin de palier aux excès de la mondialisation. Le Fonds européen d’ajustement à la mondialisation, dont la France a récemment bénéficié (en juin 2007) permet désormais d’amortir les chocs, sociaux notamment, des délocalisations. La Commission est également en train de plancher sur la façon d’améliorer la transparence des échanges financiers.
Le défi énergétique
« Une partie de la réponse au défi énergétique se trouve dans le développement des énergie alternatives »
Sur ce dossier, M. Barroso a rappelé combien il était absurde de continuer de fonctionner avec 27 mini marchés. La priorité est bien d’aboutir à un véritable marché énergétique européen.
Elargissement et Europe puissance
« L’Europe élargie n’est pas un obstacle à l’Europe-puissance, au contraire, dans un monde globalisé, cela en est une condition »
Comparons l’Europe à la profondeur géographique de la Russie ou de la Chine, à la puissance militaire américaine : l’Europe est-elle petite ou grande ? Répondant à une question de la salle sur la pertinence de nouveaux élargissements et les limites géographiques de l’UE, M. Barroso a cité un proverbe africain - « Ensemble, on va moins vite, mais on va plus loin » - et défendu l’idée selon laquelle « l’avenir de la mondialisation se fera dans les grands ensembles ».
Discours de Nicolas Sarkozy
M. Sarkozy a commencé son discours en précisant les raisons de sa présence cette année à l’Université du MEDEF
« J’ai voulu dire à notre pays que la France a besoin de ses entreprises et de ses entrepreneurs »
« Il faut réconcilier les Français avec les entreprises, au lieu de les séparer »
Le Président a ensuite souligné que son rôle n’était pas de faire des prévisions économiques, mais d’exposer les moyens de résoudre les problèmes.
« Il nous manque un point de croissance pour que l’avenir cesse d’être une menace et redevienne une promesse »
| Laurence Parisot, Pésidente du MEDEF Nicolas Sarkozy, Président de la République française
|
Le Président a rappelé l’importance de la réciprocité dans les échanges mondiaux, c’est-à-dire la concurrence loyale et honnête. Or tous les Etats ne jouent pas le jeu sur la scène internationale. M. Sarkozy a lié ce phénomène au « non » français du référendum sur la Constitution européenne : « les Français ont le sentiment que l’Europe renonce à les protéger, qu’elle subit plus qu’elle n’agit, à un moment où tout le monde fait le contraire ». D’où le soutient du Président au principe de la préférence communautaire.
Sur l’Euro
Tout en rappelant son attachement au principe de l’indépendance de la Banque centrale européenne, M. Sarkozy a défendu l’idée que la monnaie est un sujet qui concerne également le politique, dans la mesure où elle a des implications dans la vie quotidienne des citoyens. « Le problème de l’Euro, c’est que l’Euro est en concurrence avec d’autres monnaies qui elles ne sont pas à leur niveau ». Il s’est dit déterminé à poursuivre les réformes et son programme de rupture, tant sur le fond que sur la forme, qu’il a annoncés lors de la campagne présidentielle. « Après tant d’échecs, de recul, de renoncement, je vais changer de méthode ». Il s’agira de trouver le bon équilibre entre la protection et le risque. Si les Français doivent retrouver le goût du risque, l’Etat doit également jouer le jeu et donner l’exemple, en allégeant notamment les charges sociales et en libérant le travail. Les banques et les partenaires sociaux seront associés à ce travail de redéfinition des rapports entreprises/ménages, entrepreneurs/salariés, privé/public, économique/social. Il ne s’agit plus d’avancer dans l’opposition systématique. D’ailleurs, depuis la « politique d’ouverture », l’opposition existe-t-elle encore ?
Madame le Député européen Dominique Vlasto membre de la Commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie du Parlement européen, répond à notre question: "L'Union européenne s'intéresse-t-elle suffisamment à ses millions de PME ?"Les PME sont l'épine dorsale de l'économie européenne et c'est peu de le dire : avec plus de 23 millions de PME, représentant 99% des entreprises européennes et employant plus de 76 millions de personnes, il ne fait aucun doute que toute politique économique qui se veut efficace et réaliste doit prendre en compte cette multitude d'entreprises qui représente la première industrie européenne.
Sous les auspices de la stratégie de Lisbonne, lancée en 2000, les institutions européennes ont inscrit la politique en faveur des PME au cœur de leurs priorités économiques. De nombreuses communications, plusieurs programmes et de multiples instruments leurs ont été consacrés au cours de ces dernières années.
Pourtant, je constate au sein de ma commission parlementaire de l'industrie, de la recherche et de l'énergie que beaucoup de nos débats révèlent encore une insatisfaction et une incompréhension des PME à l'égard de la politique européenne. Trop de complexités, trop d'instruments et un grand saupoudrage d'aides pas toujours très ciblées ont brouillé l'action européenne et sa perception.
Nous avons donc entrepris un gros travail au Parlement européen pour réconcilier les PME et l'Union européenne. Je me suis beaucoup investie pour pousser la Commission européenne à mettre en place une politique plus efficace, plus simple et plus cohérente pour les PME. Aujourd'hui, les moyens et les instruments sont rationalisés et s'articulent autour de trois grands axes :
• priorité à la recherche et au développement : nous avons proposé un nouveau programme de 3 milliards d'euros pour l'innovation et la compétitivité des PME et obtenu que 15% des 50 milliards d'euros du Programme cadre de recherche et de développement soient réservés aux PME (www.cordis.europa.eu). A côté de ces moyens, l'accent est mis sur la structuration de la recherche, par exemple au sein des pôles de compétitivité, et sur une meilleure information des entreprises.
Nous voulons également mettre en place un système de droits de la propriété intellectuelle accessible aux entrepreneurs, afin de protéger leurs idées créatives. Cela passe aussi par la lutte contre la contrefaçon : les saisies douanières dans l'Union européenne ont augmenté de plus de 1000% depuis 1998, ce qui donne une idée de l'ampleur de ce fléau qui touche aujourd'hui tous les secteurs de production.
• simplifier la vie des PME en nettoyant la législation européenne : sur 3 ans, nous souhaitons simplifier 1.400 mesures règlementaires existantes, supprimer des dizaines de textes dépassés et réduire de 25% les formalités administratives européennes pesant sur les entreprises! Car l'Union européenne doit s'intéresser aux PME, mais aussi leur donner un peu plus d'air, avec un cadre règlementaire performant et non pas étouffant.
Pour les nouvelles mesures législatives, outre les consultations préalables des professionnels, nous avons obtenu que des panels de PME évaluent la pertinence des textes proposés. Pour ma part, je souhaite encore proposer des améliorations pour l'accès aux financements, qu'il s'agisse du cautionnement mutuel ou des garanties bancaires à apporter, car il existe encore trop de freins financiers au développement des PME.
• encourager l'esprit d'entreprise : c'est certainement l'objectif le plus difficile, mais il faut redonner l'envie d'entreprendre aux jeunes, sortir de cette mentalité qui assimile le risque à l'échec et arrêter de "casser du patron", comme si le chef d'entreprise était l'ennemi de l'emploi. C'est particulièrement vrai pour notre pays où la culture d'assistanat s'est progressivement substituée à la culture d'entreprise.
Valoriser la réussite, citer l'entrepreneur en exemple, encourager la prise de risque, orienter les jeunes et les moins jeunes d'ailleurs vers la création d'entreprise sont autant de réflexes à retrouver. L'Union européenne peut y contribuer, par ses législations économiques, à travers ses programmes de formation, mais aussi en élargissant les horizons des jeunes comme le permet, par exemple, le programme Erasmus.
Je crois qu'en poursuivant ces trois objectifs, l'Union européenne s'intéressera non seulement suffisamment, mais aussi efficacement, à ses PME. C'est un enjeu majeur pour la compétitivité européenne et notre modèle économique et social.
L'Atelier Europe remercie chaleureusement Madame le Député européen d'avoir participé aux Lundis de l'Europe.
| |
|
|
| |