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   Nous continuons notre série pour le 50ème anniversaire du Traité de Rome et c'est Madame le Député européen Margie Sudre, Présidente de la délégation des Députés européens UMP, qui répond à la question de la semaine, "Quelles sont les grandes avancées de 50 ans de construction européenne ?":

Les Traités de Rome ont marqué une rupture décisive avec un passé de guerre et d'oppression. Nous pouvons être fiers d'avoir réalisé l'idéal d'une Europe réconciliée, réunifiée, ayant enraciné sur tout le continent la paix, la démocratie, les droits de l'homme et le progrès social. L'Europe est aujourd'hui un modèle et une force de paix, de stabilité et de progrès humain dans le monde.

Les vieilles nations de notre continent ont inventé et mis en œuvre une nouvelle forme de coopération entre Etats et peuples. Cette Europe est révolutionnaire par sa méthode, qui relativise les intérêts nationaux en donnant la priorité à l'intérêt commun. Grâce au droit d'initiative de la Commission, au vote à la majorité qualifiée du Conseil et au pouvoir de codécision du Parlement européen, l'Union reste capable d'agir en tant que collectivité. Avec le principe de subsidiarité, les tâches à accomplir sont réparties entre l'Union, les Etats membres et leurs autorités régionales et locales.

La croissance économique a été continue en Europe au cours des 50 dernières années, même si certains pays sont plus performants que d'autres, notamment parce qu'ils se réforment plus que d'autres. Le marché intérieur, idée fondatrice de l'intégration européenne, offre aux consommateurs un choix plus grand à des prix plus avantageux. Ce succès est tel qu'il passe inaperçu, puisqu'il est immédiatement intégré dans notre mode de vie. L'ouverture des économies européennes, auparavant cloisonnées, a permis aux grands champions français de l'agroalimentaire, de la technologie, du luxe ou encore de l'automobile, d'atteindre la taille critique qui les autorise à rivaliser avec les plus puissants sur le marché mondial.

A propos de l'euro, même s'il y a eu des dérapages lors de sa mise en circulation, il faut bien reconnaître que l'évolution des prix est contrôlée, alors que les taux d'intérêts sont historiquement bas. Sans la monnaie unique, nous aurions une facture pétrolière 30% plus chère, et serions exposés aux risques de dévaluations chroniques du Franc, à chaque soubresaut de l'économie mondiale.

Au niveau sectoriel, la première des politiques communes, la PAC, a permis de nourrir les Européens et de maintenir une population rurale, grâce au principe de solidarité financière. Dans un grand marché où les marchandises circulent librement, les consommateurs exigent une sécurité absolue. L'Union s'est donc dotée progressivement d'une législation "de la ferme à la table" pour garantir cette sécurité depuis la transformation, le transport, jusqu'à la distribution.

L'Union a également adopté un arsenal juridique destiné à ce que la mer, l'air et l'eau  de l'Europe soient les mieux préservés du monde, allant de la propreté des eaux de baignade, jusqu'à la "directive habitats" qui oblige les Etats à protéger certaines zones fragiles ou riches en faune et en flore. Pour préserver la santé de ses habitants, l'Union vient aussi d'adopter la législation la plus stricte du monde sur les produits chimiques, dans le but d'éliminer progressivement les plus toxiques.

Car l'Europe sait évidemment être protectrice, contrairement aux idées reçues qui circulent actuellement ! Quand elle assure la sécurité maritime en interdisant tous les bateaux à simple coque, ou quand elle dresse la liste noire des compagnies aériennes interdites d'accès aux aéroports européens. L'Union protège aussi ses citoyens avec son nouveau fonds destiné à lutter contre les excès de la mondialisation.

Les efforts d'harmonisation ou d'élaboration de règles communes ont alimenté un épais corpus d'"acquis communautaire", sans rebuter les prétendants à l'adhésion. L'Union offre plus que des débouchés commerciaux. Elle procure aussi de sérieuses aides au développement économique. L'Espagne ou l'Irlande lui en sont redevables. Les fonds européens ont cofinancé nombre d'infrastructures, jusque dans les régions les plus éloignées du marché intérieur. Cette aide est d'ailleurs toujours d'actualité dans les départements français d'Outre-mer.

La liste des réformes faites au nom de l'Europe est longue. Les gouvernements se sont souvent servis de "Bruxelles" pour faire de l'ajustement structurel, faisant porter sur l'Europe la responsabilité de mesures impopulaires mais nécessaires. Aujourd'hui, ce n'est plus l'Union qui conditionne les changements, c'est la mondialisation et la mutation technologique. Or, l'Europe reste le meilleur levier pour appréhender ces questions. On pourrait multiplier les exemples pour lesquels la dimension européenne a permis d'atteindre des objectifs inaccessibles sur un plan purement national.

L'aventure de la construction européenne ne fait que commencer. Elle doit se poursuivre pour garantir la paix et la démocratie face aux sursauts toujours possibles du nationalisme, du racisme ou du repli sur soi. Elle doit se poursuivre pour relever les défis écologiques, économiques, industriels et sociaux, pour lutter contre le terrorisme et la criminalité organisée, pour renforcer la solidarité internationale, pour maitriser les flux migratoires, pour préserver le dialogue des cultures. Elle doit perdurer pour affirmer ses valeurs.




L'Atelier Europe remercie chaleureusement Madame le Député européen d'avoir participé aux Lundis de l'Europe et nous vous invitons à la retrouver sur son site.