BlogPremium
RSS
RSS comm
NdR: Après avoir demandé aux Députés européens "Pourquoi Nicolas Sarkozy?" lors de la campagne des présidentielles, l'Atelier Europe leur a proposé de répondre à quatre questions dans la perspective de la Présidence française de l'Union européenne, qui commencera dans moins de deux mois.
Christine de Veyrac, Député européen du Sud-Ouest, inaugure cette nouvelle série. Nous l'en remercions chaleureusement.
Les prochaines réponses seront mises en ligne au fur et à mesure de leur arrivée.




Qu'attendez-vous de la Présidence française de l'UE ?

Je souhaite que la Présidence française permette de dégager un accord entre les 27 sur la politique qui doit être celle de l’Europe face au changement climatique. C’est un sujet essentiel où, à ce jour, il n’existe pas de consensus. Il faut rapprocher les points de vue, et espérer qu’avant la fin de l’année un accord intervienne. L’an prochain en effet, aura lieu la conférence internationale de Copenhague pour actualiser les accords de Kyoto. A ce jour, ni les États-Unis, ni les pays émergents, qui figurent parmi les gros pollueurs de la planète, ne sont prêts à faire des efforts importants notamment pour réduire leurs émissions de CO2. Il est donc fondamental que l’Europe présente à Copenhague un visage uni pour peser fortement sur les négociations. 
 Christine de Veyrac

J’attends par ailleurs de cette Présidence des progrès quant à la mise en place d’une politique de l’immigration commune. L’Espace Schengen de libre circulation s’élargit (aujourd’hui… 24 pays !), il convient donc d’avoir des règles communes. Je sais que le Ministre Hortefeux a déjà pris son bâton de pèlerin pour convaincre nos 26 partenaires de conclure un Pacte européen sur l’immigration. Un accord me semble envisageable dans cette matière pourtant difficile.

Enfin, il serait souhaitable que l’on parvienne aussi à relancer l’idée d’une « défense européenne »… mais je ne me fais que  peu d’illusion en la matière, les désaccords entre les 27 sont profonds, et toute réussite sur ce sujet relèverait de l’exploit !


La France a déjà défini quatre chantiers sur lesquels elle souhaite appuyer sa Présidence : immigration, l'énergie, environnement, Défense. D'autres sujets devraient-ils, selon vous, aussi être pris en considération ?

Oui. Les 27 doivent dresser un Bilan de santé de la Politique agricole commune. C’est important de savoir ce qui marche, ce qui ne marche pas, ce qu’il faudrait conserver, ce qu’il faudrait modifier. La crise alimentaire mondiale nous montre en tous les cas que nous avons besoin d’une agriculture européenne forte et modernisée, si nous voulons continuer à nourrir nos concitoyens mais aussi une partie du reste du monde. Attention dans ces conditions à ne pas vouloir tout bouleverser et remettre en cause un édifice agricole européen qui jusqu’à présent a en grande partie fait ses preuves.


Avez-vous prévu des actions spécifiques dans votre circonscription au cours de ces 6 mois de Présidence ?


Elles ont déjà débuté ! Il ne faut pas attendre le 1er juillet et les vacances pour parler de l’Europe et de l’action que mène notre pays ! Depuis avril, j’ai ainsi entrepris la tournée des départements de ma circonscription pour rencontrer la presse, les jeunes, et les militants de l’UMP, et ce afin d’expliquer les enjeux de la Présidence française de l’Union et la politique que souhaite conduire notre majorité.


Comment permettre à nos concitoyens de s'impliquer d'avantage dans cette Présidence ?


Je crois que le Gouvernement a quelques idées sur la question. Il serait également très opportun que les grandes collectivités locales, qui souvent ont des budgets importants, s’impliquent aussi.






pagerank


Voici la seconde partie de notre entretien avec Monsieur Baudouin Bollaert.
La première partie est ici.



Quels sont aujourd’hui les différents handicaps de la politique d’innovation en Europe ? 
 Cette question est selon notre intervenant liée à la stratégie de Lisbonne laquelle fut définie en 2000 par les dirigeants européens qui se fixaient pour objectif de faire de l’Europe, d’ici à 2010, « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde. » Mais là encore, même si Baudouin Bollaert salue les succès enregistrés avec l’exemple de Galileo, il juge que les grandes firmes nationales gagneraient à travailler davantage ensemble pour faire émerger des projets novateurs en R&D et en innovation.

La défense européenne peut-elle cohabiter avec l’Otan ? Autrement dit comment peut-on concilier une ambition d'une autonomie de l'Europe sur cette question d’une part et de l’autre le maintien de la solidarité atlantique dans le cadre de l'OTAN? 
Otan, défense européenne...même combat ? C’est en substance l’idée défendue Baudouin Bollaert qui estime que les deux entités sont totalement complémentaires. Il rappelle de fait la bonne mise en œuvre actuellement des engagements pris dans le cadre  du processus dit « Berlin plus » repris par l’Union européenne et qui lui permettent d’accéder facilement aux moyens et capacités de l’Alliance pour des opérations dans lesquelles l’Alliance dans son ensemble ne serait pas engagée militairement.


Une question maintenant que tout le monde se pose même si cela un prématuré. Qui voyez-vous comme futur Président pour l’Union Européenne en 2009 ?
 
Qui sera à la tête de l’Union en 2009 ? De Tony Blair à Jean-Claude Juncker Baudouin Bollaert revient sur les personnalités européennes dont les noms sont évoqués ces derniers temps pour occuper ce poste déjà très convoité en 2009. Il  prédit un marchandage inévitable à venir.




Propos recueillis par Paul DOUCET,
Nafi BAKTI et Delphine GANEAU-MENTRÉ




pagerank


   
L'année 2008 sera très européenne pour la France, nous avons donc demandé à Monsieur le Député européen Alain Lamassoure quels sont les enjeux de la Présidence française au second semestre de cette année ?

    La presse donne une fausse idée d’une présidence européenne. D’une part, la présidence n’a pas de pouvoirs d’autorité : elle se contente de proposer un ordre du jour et d’assurer le bon déroulement des réunions. D’autre part, vue la lourdeur de la machinerie communautaire – il faut une moyenne de 22 mois entre le dépôt d’un projet par la Commission européenne et son adoption définitive -, une période de présidence de six mois est parfaitement ridicule : le pays concerné récolte ce que ses prédécesseurs ont semé et sème ce que ses successeurs récolteront. C’est d’ailleurs pace qu’à 27 pays ce système est devenu ridicule que le nouveau traité le remplacera par un Président permanent et à temps plein du Conseil de l’Union.

    Cela dit, ce second semestre 2008 revêtira malgré tout une importance particulière : avec Nicolas Sarkozy à l’Elysée, la France, très en retrait sous le mandat précédent, fait un retour fracassant sur la scène européenne. Le Président français a bien l’intention d’anticiper sur l’application du nouveau traité – qui entrera en vigueur au printemps 2009 – pour lancer des initiatives politiques fortes sur au moins cinq sujets : la mise en place d’une politique de défense de l’Union, en lien avec la réforme de l’OTAN ; la définition d’une politique énergétique commune pour répondre aux défis du changement climatique et du baril à 100 dollars ; la définition d’une politique commune de l’immigration maîtrisée ; la réforme du budget européen avec celle de la politique agricole commune ; l’élaboration d’un statut de partenariat privilégié pour les pays voisins, notamment méditerranéens.

    En fait, au-delà du 2ème semestre 2008, c’est bel et bien la feuille de route du futur Président permanent de l’Union que la France a l’intention de proposer.

    Après l’échec du référendum de 2005, de bonnes âmes avaient dit que les problèmes institutionnels n’intéressaient pas les citoyens et que ce qu’ils attendaient de l’Europe, c’était des résultats. Le malheur, c’est que les résultats étaient impossibles tant qu’on n’avait pas les nouvelles institutions. Avec le nouveau traité, l’outil devrait être disponible. Toujours pressé, à juste titre, Nicolas Sarkozy veut montrer tout de suite à nos concitoyens que l’Europe a désormais les moyens juridiques et la volonté politique de progresser. C’est le vrai enjeu de sa présidence de l’Union.





L'Atelier Europe remercie chaleureusement Monsieur le Député européen pour sa participation aux Lundis de l'Europe, ainsi que pour sa disponibilité et l'aide qu'il lui apporte.
Nous vous invitons à le retrouver sur son site.


pagerank



Michèle Alliot-Marie, Ministre de la Défense, était l'invitée des bloggeurs de l'UMP lors de leur réunion hebdomadaire Pizza 2.0.
J'avais prévu de poser une question sur l'Europe de la Défense, mais le porte-parole de Second Life a été plus rapide que moi.
Remarquez... tant mieux, nous avons eu ainsi deux questions sur l'Europe pour le prix d'une! Merci Cyrille.
Et histoire d'innover un peu sur ce site, voici les réponses de MAM en vidéo.  Laughing
Par contre, désolé pour la mauvaise qualité des images, mon appareil photo n'est plus tout jeune. Qui plus est pour être sûr de tout avoir, j'ai dû réduire la résolution... et s'ils manquent quelques secondes, c'est parce que mon appareil ne pouvait filmer aussi longtemps en continu.
Bon allez j'arrête de vous ennuyer avec ces problèmes techniques, place aux vidéos!


La première quetion, dont je n'ai pas le nom de l'auteur était:
Madame, Que pensez-vous de l'idée d'avancer vers un nouveau traité pour réconcilier les Français avec l'Europe?

   
 

La seconde question venait de Merou Martynov:
ma petite question est relative à la défense euopéenne: comment parvenir à unifier la défense européenne sachant que nous sommes 2 grandes puissances internationales au sein de l'UE et qu'il y a des puissancezs bien inférieures comment faire pour organiser la défense européenne et la gérer correctement?

   

Dois-je ajouter que, comme d'hab, les pizzas étaient bonnes et la soirée le fut tout autant?

D'autres blogeurs ont parlé de cette réunion:
Thierry Solère, Sarkovite, Phillipe Péjo, Julien Löchen, Romain Mouton, Philippe Dermagne, Point de vue politique, Rémy Galas, Ile Sarkozy, mais aussi Koz, Jeunes Pop 78, Olivier, de nouveau Sarkovite, une vidéo reprise sur UMP Coté Basque et une autre vidéo en arabe ! Vincent en parle aussi, avec en photo les bloggeuses.
D’abord, l'Europe nous oblige à prendre la juste mesure de nos moyens. Après un demi-siècle de construction européenne, nous sommes suffisamment unis pour qu’aucun de nos Etats ne puisse plus mener une grande action diplomatique autonome, mais pas assez pour agir ensemble et peser significativement sur la scène internationale. Si l’espace est commun, il n’en va pas encore de même de la puissance. Si bien que nous sommes plus souvent spectateurs qu’acteurs, plus volontiers financiers que décideurs, et finalement plus facilement exécutants que maîtres de la manœuvre.

Pour rétablir cet équilibre, il faut que l’Union européenne retrouve un fonctionnement efficace et notamment sa capacité à prendre des décisions. Il nous faut réaliser les réformes institutionnelles les plus urgentes en reprenant les dispositions du traité constitutionnel qui ont fait globalement consensus lors du débat référendaire. J’appelle pour cela à la conclusion d’un traité simplifié. La négociation peut être rapide. Quelles devraient être à mon avis les dispositions à faire figurer en priorité dans le traité simplifié ?

1/ la mise en place d’une Présidence stable du Conseil européen pour donner à l’Europe un visage et une voix et favoriser des actions de plus long terme, avec un meilleur suivi ;
2/ la création d’un Ministre européen des Affaires étrangères ; ainsi, sur la convocation du Président du Conseil européen, ou du Ministre des Affaires étrangères de l’Union, lors de chaque crise internationale, les Européens se parleront entre Européens avant de parler à d’autres. Ils se prononceront sur un projet de position européenne avant de prendre parti sur les suggestions des autres. Ce simple changement de méthode est un renversement copernicien : au lieu de se déterminer par rapport à la politique des autres, les Européens prendront l’habitude de se déterminer par rapport à eux-mêmes, de travailler d’abord à rechercher l’intérêt commun. Le Ministre des Affaires étrangères européen, placé sous le contrôle politique des gouvernements, pourra de même coordonner de manière efficace nos moyens diplomatiques, budgétaires et, le cas échéant, militaires.
3/ l’extension du domaine de la majorité qualifiée, notamment en matière judiciaire et pénale et d'immigration,
4/ l’extension du domaine de la codécision qui augmente le rôle du Parlement européen dont l’accord devient indispensable pour le vote des « lois européennes » ;
5/ les règles relatives aux modalités de la majorité qualifiée, principalement la règle de la double majorité (55% des Etats membres représentant au moins 65% de la population de l’UE) ;
6/ la clause passerelle qui permet aux Etats membres de décider à l’unanimité de faire passer une matière soumise à la règle de l’unanimité sous le régime de la majorité qualifiée ;
7/ le mécanisme d’alerte précoce, qui permet aux parlements nationaux de s’assurer que l’Union n’excède pas son champ de compétences ;
8/ le droit d’initiative citoyenne, qui donne la possibilité à un million de citoyens de demander à la Commission de faire des propositions dans tel ou tel domaine.

Pour l’avenir, j'ai aussi la conviction qu’il nous faut changer la règle de l’unanimité en Europe.
On ne peut pas imposer à un pays ce qu’il ne veut pas. En revanche, je n’accepte pas que celui qui ne veut pas avancer empêche les autres de le faire. C’est une chose d'avoir un Etat qui ne veut pas avancer, c’en est une autre d’accepter que ce pays empêche les 26 autres d’avancer. La seule façon de sauver l’Europe politique, c’est de faire sauter ce verrou. Un pays devrait pouvoir dire non, mais sans que ce "non" handicape les projets des autres. Il n'est pas concevable qu'un seul Etat membre, voire deux, puissent empêcher l'Union d'avancer.

Ce préalable posé, quels doivent être nos objectifs de long terme en matière internationale ? J'en vois trois :

Premier grand objectif : assurer la sécurité de la France et des Français d'abord, de nos amis et alliés ensuite. Assurer la sécurité de la France et des Français est l'objectif premier parce que de lui dépend notre existence en tant que Nation. Pour garantir la protection de nos intérêts vitaux, la dissuasion nucléaire reste un impératif absolu. Elle est l’assurance-vie de la nation, la garantie qu’un autre Etat réfléchira à plusieurs fois avant de s’en prendre, directement ou indirectement, à nos intérêts vitaux, sauf à s’exposer à une sanction immédiate et hors de proportion avec les avantages recherchés. Si je suis élu Président de la République, je garantirai de façon inconditionnelle la crédibilité politique et technique de nos systèmes d’armes, dans le respect du principe de stricte suffisance des moyens déployés. Les programmes de modernisation qui se révèleront nécessaires seront donc poursuivis, et ils seront soumis, comme les autres programmes d’armement, à un examen constant et vigilant de leur coût par rapport à leur efficacité.
C'est la responsabilité du chef de l'Etat d'apprécier, en permanence, la limite de nos intérêts vitaux. En l'occurrence, l'intégrité de notre territoire, la protection de notre population, le libre exercice de notre souveraineté constitueront toujours le cœur de nos intérêts vitaux. Mais ils ne s'y limitent pas.

A première vue, il ne semble plus exister de véritable menace directe et immédiate pour notre survie. Mais en raison même du projet européen et de "l'union sans cesse plus étroite" qu'il construit, la protection de nos intérêts vitaux est désormais intimement liée à la protection des intérêts de sécurité de nos voisins et amis. Au-delà même de l'amitié entre nos peuples, la continuité géographique entre nos pays rend cette solidarité incontournable. La garantie nucléaire peut donc à mon sens s’étendre au-delà de nos frontières et bénéficier à nos voisins européens.
Notre sécurité est liée à celle de l'Europe et à l'Alliance atlantique. Il convient d’aborder ces questions de façon dépassionnée et avec pragmatisme. C'est à l’Alliance atlantique, faut-il le rappeler, que l'Europe doit d'avoir préservé sa liberté face à l'Union soviétique. Ceci nous a permis de construire l'Union européenne d'aujourd'hui. Dans un monde incertain et dangereux, l’Alliance conserve toute sa valeur et sa légitimité : l'ancrage euro-atlantique, des valeurs partagées, l'engagement de défense collective et la force du consensus pour ses décisions sont des références pour tous les alliés.

D’ailleurs, si la France a quitté les structures intégrées de l'OTAN en 1966, elle n'en reste pas moins l’un des membres les plus actifs et l'un de ses principaux contributeurs. Elle s'est engagée fortement dans ses opérations, dans les Balkans et en Afghanistan. Elle est un élément moteur de sa Force de réaction rapide.
Sur les 26 pays de l’OTAN, 21 sont membres de l'Union européenne. Sur les 27 pays de l’Union, 21 sont membres de l’OTAN. Si la France veut vraiment peser sur l'évolution de l’OTAN tout en convaincant les Européens de s'engager résolument dans une défense européenne indépendante, elle devra adapter son discours aux réalités de notre continent. On oppose parfois l'Alliance atlantique à l'Europe de la défense. Cette approche est stérile. Les Européens, comme les Américains, ont besoin des deux. Elles sont complémentaires et non substituables.
Mais nous devons veiller avec nos partenaires européens à ce que l'OTAN n'évolue pas, comme sembleraient le souhaiter les Etats-Unis, vers une organisation mondiale effectuant des missions aux confins du militaire, de l'humanitaire et des activités de police internationale. L'OTAN n'a pas vocation à devenir une organisation concurrente de l'ONU.

Mais l’Europe a des intérêts de sécurité qui lui sont propres et sa politique de défense doit aussi être celle de sa géographie, d’autant qu’elle n’est plus au centre des préoccupations stratégiques des Etats-Unis. Le renforcement de la défense européenne doit donc rester une priorité. Les Européens doivent désormais être plus autonomes dans la protection de leurs territoires et de leurs populations, de même que dans la défense de leurs intérêts fondamentaux sur la scène internationale.

Car de nouvelles menaces sont apparues, auxquelles nous devons faire face. Nous sommes entrés dans un monde complexe et incertain, dont les dangers sont nombreux et multiformes. Les nouvelles menaces sont la prolifération des armes de destruction massives, le terrorisme, les Etats défaillants, la mise en danger de nos approvisionnements stratégiques, les catastrophes écologiques, humanitaires ou encore les pandémies.

Dans un tel contexte, il serait imprudent de relâcher notre effort de défense. Si je suis élu Président de la République, je m’engage à maintenir notre effort au moins à son niveau actuel, afin de disposer de forces armées bien entraînées, bien équipées et aptes à assurer la protection de notre territoire, la sécurité des Français et la défense de nos intérêts dans des configurations très variées et s’il le faut loin de nos frontières. Le budget de la Défense ne constituera pas la variable d’ajustement des finances publiques. Consacrer de l’ordre de 2% du PIB à la Défense est à mes yeux un minimum dans un contexte aussi mouvant et imprévisible. C’est le prix de notre indépendance nationale, de nos responsabilités internationales, et de notre sécurité. C’est là un devoir de l’Etat qu’il serait irresponsable d’opposer à d’autres politiques non moins essentielles à la nation comme l’éducation ou la recherche.

La protection de nos intérêts de sécurité rend indispensable d’assurer la sécurité de zones plus éloignées de nous. Et pour essentielle qu’elle soit, la dissuasion n’épuise pas la réflexion sur l’actualisation de notre politique de défense. Conçue pour bien fonctionner dans un jeu de rapports d’Etat à Etat, son impact est faible face à un groupe terroriste ou face à un Etat qui engagerait des moyens conventionnels plutôt que des armes de destruction massive. S'il reste possible d'isoler nos intérêts vitaux, la recherche de l'efficacité dans la protection de ceux-ci exige de prendre en compte l'ensemble des facteurs de déstabilisation de la planète. Nous devons donc être attentifs à la consolidation de nos capacités de projection et de frappe dans la profondeur. Un effort important a été engagé depuis dix ans dans ce domaine. Il devra être conforté dans les années à venir.

Un accent particulier doit également être mis sur la prévention, grâce à une meilleure coordination des activités des services de renseignement, à travers le renforcement des moyens d’acquisition de l’information tant humains (forces spéciales par exemple) que technologiques (satellites d’observation, optiques et radars, moyens d’écoute électronique, drones de surveillance).

Aucun adversaire potentiel, étatique ou non, ne doit douter de notre détermination et de notre capacité à riposter de façon graduée à toute menace exercée contre nos intérêts, notre territoire et notre population. La réalisation du second porte-avions se situe pour moi dans cette perspective. Elle est la condition de la permanence à la mer de notre groupe aéronaval compte tenu des périodes d’indisponibilité pour entretien de notre seul porte-avions, le Charles-de-Gaulle. Sa production s’inscrit déjà dans une dimension européenne puisqu’elle donne lieu à une coopération industrielle avec les Britanniques. Il ne m’apparaît pas en revanche réaliste à moyen terme de miser sur l’européanisation d’un tel équipement quant à son utilisation, tout simplement parce que les caractéristiques d’emploi de l’aviation embarquée varient d’un pays à l’autre.

Pour autant, il est vital que les Etats européens puissent approfondir leur coopération dans le domaine de la Défense. L’Agence européenne de la Défense doit être le point d’ancrage d’une meilleure coordination de nos efforts d’armement. Il faudra mutualiser nos équipements lorsque cela est possible. La constitution d’un pool d’avions de transport A 400 M, commandés par la plupart des pays européens, pourrait constituer un précédent intéressant. Mais d’autres partages sont envisageables. Est-il raisonnable que les membres de l’Union européenne alignent encore ensemble 10 000 chars et 3000 avions de combat sans engager de processus de rationalisation concertée ?

La défense européenne sera en outre d’autant plus dynamique que sa base industrielle sera consolidée grâce à des regroupements et des alliances, en particulier dans les domaines terrestre et naval. Combien de programmes en coopération ont-ils subi les contraintes artificielles du partage industriel sur des bases parfois peu rationnelles ? L’Europe de la défense se matérialisera aussi dans la conduite de grands projets dont l’ampleur dépasse les moyens de chacun de ses membres. L’exemple du système de navigation Galileo montre que la coopération est possible dans le secteur spatial. Pourquoi ne pas la consolider en travaillant ensemble sur des systèmes européens de surveillance de l’espace ou d’alerte avancée en cas d’attaque balistique ?
Qu’il me soit cependant permis de faire une brève mise au point : l’Europe de la défense peut difficilement s’envisager si seulement trois ou quatre membres de l’Union européenne sur vingt-sept, consentent à produire un effort de défense digne de ce nom. Je rappelle que le Royaume-Uni et la France représentent à eux seuls plus de 40 % des budgets européens et que le cumul de ces derniers est deux fois et demi moins élevé que le budget du Pentagone. Nous devrons donc faire preuve de pédagogie et de pragmatisme pour convaincre nos partenaires de faire davantage.
Le mercredi 6 décembre dernier, s’est tenu le premier dîner-débat organisé par l’Atelier Europe des Jeunes Actifs de l’UMP. Alain Lamassoure, député du Parlement Européen et porte-parole de la Délégation Française du groupe PPE était l’invité d’honneur. Il a souhaité partager son expérience européenne avec les Jeunes Actifs. Ils ont débattu de l’avenir de l’Europe sur des thématiques telles que la Constitution, les relations extérieures, l’Europe de l’énergie, ou celle de la défense.

Dans son discours introductif, Vincent Yquel, responsable de l’Atelier Europe, a salué l’action fondatrice d’Alain Lamassoure qui a contribué à «doter l’UMP d’un discours clair et innovant sur les questions européennes». Le responsable de l’Atelier Europe et Edouard Servan-Schreiber ont également rendu hommage à Jean-Jacques Servan-Schreiber, cet «Européen de la génération Kennedy», disparu le 7 novembre 2006.



Alain Lamassoure a par la suite plaidé, avec beaucoup d’enthousiasme, de pédagogie et de franc-parler, en faveur d’une véritable «révolution européenne», qui doit permettre d’avoir un regard lucide sur la France, ses positions et son rôle au sein de l’Europe. Beaucoup d’exemples concrets sont venus étayer ses positions.

Concernant le volet économique, le député européen martèle que l’Union doit «s’adapter à la mondialisation et non la craindre» et cite à cet égard le formidable regain de popularité de l’espadrille basque qui a permis de créer de nombreux emplois depuis que l’artisanat en a fait un objet de mode.

Dans le domaine de la défense, Alain Lamassoure plaide en faveur d’un plan de programmation militaire au niveau européen pour augmenter l’interopérabilité des troupes. «L’Europe, a-t-il insisté, est l’une des seules régions au monde à ne pas utiliser l’outil de «guerre» comme moyen de coercition et de puissance. Or les autres états ne partagent pas forcément ce point de vue.» Le député européen souligne néanmoins que «l’arsenal militaire n’est qu’un outil au service d’une politique» et qu’il importe d’abord de définir «une politique étrangère commune avant de pouvoir construire l’Europe de la défense».

L’Atelier Europe des Jeunes Actifs de l’UMP


Des photos de la soirée sont visibles ici.