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 Devant les Parlementaires européens, Nicolas Sarkozy a rappelé la volonté de ramener la France au centre du jeu européen.  Même si certains vieux réflexes ont la vie dure et ont pu exaspérer nos voisins (criques de la BCE, sommet de Porto, petites tensions avec l'Allemagne), il est indéniable qu'en 6 mois, la pratique française de l'UE a changé : un Secrétaire d'État présent chaque semaine à Bruxelles, des symboles forts (drapeau européen sur la photo officielle du Président, défilé des armées européennes le 14 juillet), le Mini-traité... Comment ce nouveau positionnement de la France en Europe est-il perçu par nos partenaires ? 
Monsieur le Député européen Alain Lamassoure nous répond.


    Ce qui s’est passé en France depuis l’échec du référendum du 29 mai 2005 conduit l’ensemble des milieux européens à trois constatations, qui recueillent un large consensus.

    Un, sans la France, l’Europe est en panne. C’est flatteur pour notre amour-propre national, mais cela nous donne aussi la mesure de nos responsabilités européennes. Pendant deux ans, l’Union a fait du surplace. Désavoués par leurs concitoyens, les dirigeants français n’étaient plus crédibles. Avant l’élection de mai 2007, ni la Commission européenne, ni la présidence, même assurée par un homme aussi estimé que Tony Blair (2ème semestre 2005), ni l’Allemagne d’Angela Merkel n’ont été en mesure de sortir de la « période de réflexion », décrétée par le Conseil européen après la panne française.

    Deux, la victoire électorale de Nicolas Sarkozy a sauvé l’Europe. Sa formule du recours à un traité ordinaire ratifié par les Parlements (le vrai « Plan B ») était la seule porte de sortie possible. En prétendant renégocier une nouvelle Constitution pour la soumettre à un nouveau référendum, Ségolène Royal aurait enfoncé un peu plus l’Union dans la crise.

    Enfin, comme partout, Nicolas Sarkozy suscite à la fois curiosité, étonnement, admiration et perplexité. Son dynamisme quasi surnaturel, la sincérité de son engagement européen, et sa délectation à briser les tabous suscitent un immense espoir chez les vrais Européens de tous les pays. Le discours qu’il a prononcé le 13 novembre dans l’hémicycle du Parlement de Strasbourg a été chaleureusement applaudi sur tous les bancs … notamment à gauche ! En même temps, la répétition des attaques contre la Banque centrale n’est pas comprise, la différence entre la « préférence européenne » et le protectionnisme n’est pas encore crédible, la valeur ajoutée politique du projet d’Union méditerranéenne reste à démontrer.

    En fait, comme tous les dirigeants nationaux, Nicolas Sarkozy sera d’abord jugé sur les résultats de sa politique interne : c’est la réussite à domicile qui donne la crédibilité à l’extérieur. La capacité d’entraînement de la présidence française au 2ème semestre 2008 dépendra beaucoup de l’importance de la « rupture » introduite en France et de ses premiers résultats.



L'Atelier Europe remercie chaleureusement Monsieur le Député européen pour sa participation aux Lundis de l'Europe, ainsi que pour sa disponibilité et l'aide qu'il lui apporte.
Nous vous invitons à le retrouver sur son site.


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